Accueillir l'effondrement comme un enfant en Soi - 13 décembre 2016

Alors quoi ?

Qu’est-ce qu’il vous arrive ?

Vous ne vous reconnaissez plus ?

Vous êtes épuisés, en colère, tristes, malades ?

Vous avez mal ?

Mal oui, mais pas comme tous les jours... plus encore.

Il n’y a plus de jus dans la moelle ?

Vous avez beau pomper et pomper, il n'y a plus rien qui sort cette fois-ci ! Et il n'y a plus aucune plante miraculeuse qui peut vous sauver pour vous redonner une étincelle de vie !!!???

Et vous avez beau mettre le masque n°10 et le 30 ou le 45, merde ! Vous avez toujours une salle gueule quand vous vous regardez dans la glace !

De toute façon, ça fait un moment que vous ne vous regardez même plus dans la glace.

VOUS N’ARRIVEZ PLUS A FAIRE SEMBLANT OU SANS BLANC.

Aucun parfum ne recouvrira cette odeur qui transpire de vous. Celle du “Je n’y arrive plus.”

Ni même le Chanel n°13.

Ca gueule, ça dégueule en vous ?

C’est d’autant plus terrible que l’autre là, celui-là (conjoint, gamin, boss, salarié, ami, animal de compagnie...) qui vous supportait jusqu’ici, il est autant paumé que vous.

Ben oui... Tant qu’il voyait le masque n°36, qu’il sentait le Chanel n°8, ça lui allait bien. C’était pile poil celui qu’il acceptait. Celui qui faisait que c’était pas pire que d’habitude, donc “supportable”.

Parce que jusqu’ici, vous vous contentiez d’être “acceptable”.

Parce que jusqu’ici, cette colère, ce sentiment d’injustice, ce “grrrrrrpfffffftsss!!!” du matin dès le lever, vous en faisiez votre carburant. Celui-là qui vous faisait tenir.

Parce que vous pensiez que c’était en étant à vif qu’on survivait. Qu’on tirait le meilleur jus de la hargne du guerrier ou de la guerrière. Qu’on tirait la fierté de toujours se relever malgré les événements et les pertes, malgré l’enfermement, malgré l’inconfort du Con-Fort.

“C” majuscule parce que tant qu’à être Con et Fort, autant l’être dans toute sa splendeur.

Tout vous fait chier désormais !

Vous savez, ça fait l’effet du truc qui passe pas. Ca vous donne des gaz de folie mais comme vous n’êtes pas seuls, par décence, vous retenez tout dedans. Sauf que là, vous ne pouvez plus! Wahou ! Ca pue !

Et là, le médecin vous dit la phrase magique et tendance du moment avec son air impassible et blême : “Vous faites un burn-out”.

“Hannnn ! Mais quelle surprise dis donc !“

 

Ou simplement, vous vous enfoncez petit à petit dans un état d’extinction total.

Parce que c’est subtil chez vous. L’Ego ne voulant pas baisser les armes, il vous a confectionné la tenue de camouflage parfaite.

 

Et là naît un sentiment effroyable. Celui de la culpabilité de ne plus réussir à être un pilier. Celui de se sentir fragile et de ne plus réussir à sauver l’autre.

Parce que votre Ego vous a fait croire que sans vous, votre monde s’écroulerait. Ce qui vous donnait d’ailleurs le sentiment d’exister. Illusion parfaite de la réalité que vous vous êtes créée.

 

Ok. On en est là, dans le chapitre du sauveur : L’effondrement.

Et vous vous dites : “Je fais quoi alors moi maintenant dans cette histoire?”

Et bien justement ! Rien !

Vivez ça à fond !

Savourez !

Quoi ?

Et bien pétez sans retenu ! Ca pue et alors ?

Glandez comme un roi ! Restez au lit ! (C’est le docteur qui l’a dit !)

Vous n’aurez plus à supporter la gueule de vos collègues qui ne faisaient pas mieux que vous de toute façon.

Faites vous une bonne raclette, comatez devant des séries de merde, laissez les poils de cul dans les chiottes ou la salle de bain s’accumulaient sur le sol, ça fera un bon tapis moelleux, laissez vos gamins chercher leurs slips, ça les rendra autonomes, laissez le téléphone sonner (votre mère s’en remettra, votre amie autant malade que vous fera son burn-out de son côté aussi et alors ?), laissez votre conjoint(e) faire les courses et faire la gueule, si ça l’emmerde, ça lui passera... Ou juste... Laissez votre amoureux s’occuper de vous. Ca, c’est pas mal aussi.

 

Bon, ça, c’est la version soft de la spiritualité pour les “Nuls”.

Allons plus loin.

 

Vous avez entamé depuis un certain temps une démarche vers la Vérité.

Celle ou vous décidez que quoi qu’il arrive, vous irez ! Alors vous avez lâché quelques manteaux sympathiques de merdes (vieilles croyances à papa, maman et autres blessures à la con...) et cela vous a valu beaucoup de mérites et de joie. Sentiment de liberté, de jouissance spontanées et tout le bordel... Ok! C’était cool !

Mais là, vous traversez de nouveau une période de turbulence.

Vous vous dites : “Bon, allé ! C’est un mauvais moment à passer. Je vais allez voir c’est quoi le problème, je vais bien baigner dedans 5 min et après, ça ira mieux.”

Sauf que là, ça ne va pas mieux.

Et les 5 minutes sont passées depuis une semaine.

Et vous commencez à stresser. A baigner de nouveau dans les gloires du passé en vous disant : “Je croyais pourtant avoir avancé sur ce point et avoir TOUT compris !”.

Le problème quand on croit qu’on a tout compris, c’est qu’au contraire, on n’a rien compris.

 

La spiritualité, c’est comme si vous partiez à l’aventure avec votre 4x4 en pleine jungle.

 

Vous roulez longtemps sans savoir quel trésor vous cherchez, mais au bout d’un moment, votre pare-brise est plein de merde, vous n’y voyez plus rien, vous sentez juste les turbulences et les chocs sous les roues. En passant, vous écrasez 2 ou 3 pygmées, mais personnes n’en saura rien car vous êtes seul au milieu de nulle part. Vous continuez de rouler malgré un léger sentiment de culpabilité, trop excité de trouver le trésor ou trop apeuré par les représailles.

Mais au bout du 10ème trous, de quelques bestioles applaties, enfin, vous faites une pause pour nettoyer la vitre, car vous avez décidé de vous ARRETER et de prendre le risque d’ y voir plus clair malgré le danger de vous faire dévorer par des bêtes ou par la famille des pygmées que vous avez écrasés (faut assumer ses conneries aussi hein!).

Après cette excitation à la fois effrayante et intense du “danger” imminent, vous regrimpez dans votre véhicule et vous vous sentez vraiment rassuré.

Vous découvrez de nouveau le magnifique paysage comme s’il était plus coloré, plus riche et plus vivant. Vous sentez la vie en vous et autour de vous. Vous sentez que malgré le danger, malgré la peur, vous aimez ça car vous ressentez toutes vos cellules vibrer. Rien ne remplacera ce sentiment de victoire après ces actes de courage. Et plus vous nettoierez le pare-brise, plus vous verrez clair, plus vous aurez de claire-visions et d’intuitions.

Mais ne vous leurrez pas, il y aura toujours de la merde sur le pare-brise qu’il faudra toujours nettoyer. N’ayez pas cette illusion de croire que plus vous serez intuitif, moins la jungle sera une jungle. Il y aura toujours des pygmées, des trous, de la boue et des trucs effrayants. Juste... Vous les verrez et les ressentirez mieux et longtemps à l’avance.

 

Quand on s’engage avec Soi-même dans cette quête spirituelle, comme dans une jungle qui effacerait nos pas, avalés par cette végétation extraordinaire, il n’y a aucun retour en arrière. Ni même de pause.

Il arrivera même où votre véhicule n’aura plus de carburant. Vous serez paumé, seul au bout du monde, au bout de vous-même. C’est là que commence réellement l’aventure. Quand vous aurez accepté de ne plus rien utiliser pour vous relever mais de vous laisser vous effondrer.

 

Vous laisser être RIEN.

Diantre ! Que c’est dur !

Ne plus avoir aucun repère à l’horizon et sentir la mort en permanence autour de soi et en soi.

 

Pour survivre, vous deviendrez quoi? Du gibier en parfaite tenue de camouflage? Un prédateur aux crocs acérés? Un fruit exotique? Vous deviendrez un pygmée? Un rocher?

Que feriez vous pour survivre dans ce monde hostile qu’est le votre. Celui-là qui est en vous ? Qui êtes vous quand il n’y a plus personne pour vous dire qui vous êtes ? Qui serez vous, quand vous accepterez réellement de vous effondrer, de ne plus vous identifier à ce petit personnage créé de toute pièce par d’autres personnages ? Quand plus personne ne vous accusera d’être fragile ou d’être perdu ou de NE PAS SAVOIR ?

Rappelez-vous... L’extérieur n’est que le reflet de ce qui vous anime à l’intérieur.

VOUS n’acceptez pas de vous effondrer et de laisser mourir vos croyances, L’AUTRE n’acceptera pas que vous lâchiez le personnage auquel il était habitué.

C’est vous l’aventurier. Jouez ! Car tout ça n’est qu’un vaste jeu d’incarnation.

Vous croyez avoir le choix d’être quelqu’un ?

Non.

Le seul choix que vous avez, c’est celui de vivre pleinement ce qui vit en vous, ou de ne pas le vivre (merci David pour cet éclairage ;-) ).

Si ce qui vit en vous ressemble à un artiste, à un chaman, à un chanteur, à un herboriste, à un mécanicien, à un physicien... Alors vivez le pleinement au lieu de faire semblant d’être quelqu’un d’autre. Ben oui ! Après vous vous étonnez de faire un burn-out !

C’est juste parfait !

 

Je tenais à remercier personnellement et de tout coeur, David, mon compagnon de Vie qui accueille mes moments d’effondrement avec beaucoup d’amour et de compassion, sans les juger.

Et je m’envoie donc également beaucoup de gratitude car si j’ai l’ai rencontré, c’est parce que j’étais prête à accueillir moi-même ce qui se vit en moi mais également ce qui se meurt, aussi douloureux que cela puisse être.

 

Il n’y a rien que j’écrirai que je n’ai pas vécu moi-même.

Ces phases d’effondrement sont inévitables pour lâcher le personnage auquel nous sommes identifiés depuis notre enfance. Chacun le vivant à sa façon.

 

Mais s’en suivent de merveilleuses phases de renaissances où le monde vous apparaît comme nouveau. Vous devenez plus sensible, plus intuitifs et vos perceptions auront encore évolué.

C’est ce que je ressens à chaque fois.

 

Tout est instant de pure magie quand on accepte de vivre ce qui se présente à Soi. Autant dans la douleur que dans la joie.

Alors oui, AIMEZ cet effondrement comme s’il était un enfant en vous car il vous permettra de vous rapprocher de vous-même. De vous rapprocher de votre Vérité.

Soyez doux avec vous car la vie se chargera toujours de tester votre capacité à vous aimer.

 

Voici un lien qui explique très clairement cette période d’effondrement inévitable nommée “La nuit noire de l’âme” : http://www.inrees.com/articles/nuit ...


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Commentaires: 1
  • #1

    Hermant Chantal (samedi, 17 décembre 2016 18:54)

    Merci Peggy pour ce partage de vie. imagé et réel.
    Ces moments existent et on souhaite qu'il ne durent pas. ca fait peur et on a envie de disparaître très vite.
    Mais la vie a plus de piment et on est "rebousté" quand on se relève.
    J'aime vivre en mouvement,.
    Bises et joyeyses fêtes à tous.