Corps de souffrance - Effondrement des guerriers - 15 avril 2017

Hello guerriers ! Hello guerrières !

Comment ça va en ce moment ?

Hein !?

Quoi !?

Je n’entends pas. Pensez plus fort.

C’est pas top ?

C’est pas top quoi ?

Pas la forme ?

Pas la forme comment ?

Moyen moyen !?

Pourquoi vous pensez si bas ?

Pourquoi vous n’arrivez pas à articuler vos pensées ?

C’est pas top moyen ?

Ca ne veut rien dire ça !

Aaaaaahhh ! Ca vous fait mal de dire que ça ne va pas !!!?

Ca vous tue de dire : “Ca ne va pas du tout !”.

Merde ! Ne vous mettez pas en colère en disant ça !

J’y suis pour rien moi !

 

Dur de réaliser qu’aujourd’hui, c’est VOUS ! Qui avez besoin d’aide.

Je me demande d’ailleurs... Qu’est-ce qui vous fait le plus mal ?

Votre corps ou cette prise de conscience ? Les deux peut-être ?

Ben oui, ça va de paire.

 

Vous me demandez : “Comment faire pour aller vite mieux car vous ne supportez pas d’être comme ça ?”.

Déjà, vous enlevez quelques mots dans cette question : “vite” et “ne supportez pas”.

Reformulez :

“Comment faire pour aller mieux car vous êtes comme ça ?”

Parce qu’il va falloir oublier la notion du temps et le rapport de force avec vous-même.

Tout ça c’est fini ! Ca ne marche plus !

Tout ce que vous ne supportiez pas avant, vous ne le supporterez plus du tout !

Ca ne vous rassure pas ?

Quoi ? Vous attendiez quoi ? La pilule miracle ? Un petit coup de jaja et ça repart ?

Genre, une bonne nuit, un bon câlin de doudou ou de chouchou, une bonne vieille prière à Chrichnou, une soirée déconnade avec vos amis les plus cools (il n’en reste plus beaucoup (tous dépressifs !)), une soirée zumba avec les copines, un bon match de foot avec votre bière, une bonne pâtisserie, quelques pages d’un bon livre spirituel, quelques positions de yoga ou de kamasutra, un petit marathon sympa entre potes, quelques dossiers venant du bureau, histoire d’oublier là ou ça fait mal, une heure de phone avec une amie dépressive, histoire de vous rassurer... Y a pire que vous et vous garderez votre position de sauveur...

 

Mais vous n’en avez pas marre !?

Ah ben si... Justement.

Mais c’est bien aussi de le dire non ?

De le dire clairement.

Dites le :

- “J’en ai assez de jouer le rôle du guerrier et du sauveur. Je suis fatigué ! Je n’en peux plus ! Je veux que ça s’arrête.”

Ah ben voilà !!!!

Ca fait du bien non ?

Non ?

C’est pire ?

Tu m’étonnes !

Parce que pour les personnages comme vous, vous avouez vos limites, c’est douloureux.

Mais c’est de là que va démarrer votre chemin vers la guérison. Accepter vos limites.

Vous grognez.

Si ! Je vous entends grognez là !

Dedans. Ca grogne.

Mais je sens que c’est tout triste aussi.

Bon allez... Je vous propose simplement d’écouter vos grognements.

Je vous passe le casque. Ecoutez...

Ca dit quoi ?

Vous avez envie de pleurer ?

Cool !

Non ! Je ne déconne pas !

Depuis quand n’avez vous pas pleuré ?

Depuis la dernière fois où vous avez vraiment morflé.

Et vous avez accumulé pas mal de fois où vous avez morflé.

Du coup, au fil du temps, vous vous êtes blindés.

Ca fait un bail alors.

Parce que si on remonte le temps, vous étiez enfant.

Et déjà enfant-guerrier, ça blinde en effet.

Du coup, le gamin là dedans, dans ce corps là, il n’a pas grandit.

Une part enfantine blessée s’est révoltée et a crié “plus jamais !”.

Que c’est puissant un enfant qui crie en lui.

C’est à partir de cet instant où il va se mettre à se créer des épaisseurs de croyances pour ne plus rien ressentir.

Quel dommage ! Parce que souvent, ces enfants-guerriers, avant de se déclarer officiellement guerrier du “même pas mal !”, ils ressentaient bien plus que n’importe qui.

Ils ressentaient tout ! Les émotions des autres, des animaux, de la nature, de la terre...

Comment dire à ses parents : “Arrêtez de me mentir, je sais ce que vous ressentez. Et vous me le faites payer. Ce n’est pas juste !” ?

Combien de fois vous vous êtes dit : “Je suis différent. Mais je ne sais pas en quoi ?” ?

Combien de fois vous saviez ce que d’autres ne savez pas ?

De fil en aiguille, qu’importe le moment où tout ce merdier a commencé à gueuler en vous, vous vous êtes donné une mission.

Il n’y a rien de plus fort qu’une promesse qu’on se fait quand on est enfant. Car c’est engrammé en soi, dans les cellules. Et l’ego fera tout pour que jamais, vous ne l’oubliez.

Il vous rendra fort. Tellement fort que vous en deviendrez valeureux. La résistance de votre corps sera à l’image de celle de votre mental et inversement. Robuste et inflexible. Votre énergie vous semblera inépuisable. Vous serez sur tous les fronts. Et quand pendant un instant, vous vous sentirez fragile, vous REFUSEREZ de l’être.

Et à l’enfant blessé, s’ajoutera, le GUERRIER.

Et au guerrier, s’ajoutera le SAUVEUR.

 

Ecouter donc ces parts en vous : Celle de l’enfant blessé, celle du guerrier et celle du sauveur.

Que vous disent-elles ?

Elles sont fatiguées ?

Et oui !

Que ressentez-vous dans votre corps ?

Vous avez mal partout.

Votre corps qui vous avait toujours soutenu jusqu’à aujourd’hui, il vous abandonne.

Ne vous êtes vous jamais dit que votre souffrance était à la hauteur de vos résistances et de vos croyances ?

 

En quoi croyez-vous ?

En votre capacité de toujours vous relever ?

Demain, ça ira mieux ?

Ouai, mais là, ça ne marche plus.

Parce que là, je ne veux rien dire, mais vous êtes en train de crever.

Un peu péjoratif comme terme, j’avoue. Mais j’aime bien cette image.

Parce qu’elle reflète les mots que vous êtes en train de vous dire à vous-mêmes.

Mais comme vous pensez encore tout bas, je le dis pour vous !

Soyez honnête. Vous vous sentez en train de mourir non ?

Ca vous fait peur. Et ça vous fait mal de ressentir cette peur.

Vous n’en dormez presque plus.

D’ailleurs, avouez que depuis peu, vous pleurez souvent.

 

C’est bien, on avance !

Vous réalisez pas mal de choses pas glorieuses (selon vos croyances).

Vous avez peur de devenir dépressif ?

Pleurer souvent ne veut pas dire que vous devenez dépressif !

C’est même très positif !

Mais si !

Quoi ?

Ca vous soulage de réaliser que vous n’êtes pas dépressif.

Tant mieux !

Certains médecins vous font croire à un tas de conneries vous savez.

Et votre ego, c’est le pire de tous !

 

Revenons à cette sensation de mourir.

J’aime bien. On va beaucoup en parler.

Je ne vous apprendrai rien si je vous dis que tout processus de renaissance doit passer par des étapes d’abandon et de mort.

Déjà, arrêtez de vous identifier à une personne qui souffre. C’est pesant. Vous en supportez déjà bien assez.

Ce n’est pas vous qui souffrez, mais des parts en vous qui vous envahissent à des instants T.

Ces parts sont arrivées à des moments de votre vie où elles n’ont pu exprimer leur souffrance.

Et plus elles se sont tues ou révoltées, plus elles se sont cristallisées en vous. Dans votre corps.

Et comme tout guerrier qui se respecte, ça en fait des parts blessées qui ne sont pas écoutées.

Ca en fait des épaisseurs ! Ca en devient une sacrée armure même !

Une armure, c’est lourd.

Comme vous êtes le top guerrier du “même pas mal!” à toutes épreuves, vous avez réussi à vous confectionner l’armure higth-tech. Celle qui colle au corps et que vous ne sentez presque pas. Ca vous donne l’impression d’être pas si mal. Tendu comme un string, mais pas si mal.

Ca évite d’écouter les thérapeutes ou votre bonne vieille mère qui s’inquiète toujours pour rien. Le matin en vous levant, ça pique un peu mais vous en avez pris l’habitude.

Sauf que depuis quelques temps, ça pique de plus en plus.

Y a même un matin où vous n’avez pas su vous lever !

Même pas mal ! Un coup d’anti-douleurs et hop ! Ca repart !

Sauf que sans savoir pourquoi, un jour à la con, votre collègue, votre gamin, votre doudou ou votre douce vous dit un truc qui vous touche.

Houa ! CA VOUS TOUCHE !

Vous pétez alors un câble ou vous vous effondrez en larmes. Ou les deux.

Accablé par ce témoignage de sensiblerie, l’armure s’ébranle. Elle commence à se fissurer et à laisser passer quelques joutes affectives. Les enfants aident bien. Ils sont malins les fourbes, pour vous pousser à bout.

Doudou ou doudoune s’inquiète pour vous. C’est le comble !

Il ou elle ose même vous conseiller de consulter !

Ca vous écoeure ! Vous lui en voulez.

Et plus vous vous en voulez, plus vous en voulez aux autres et plus vos relations se détériorent et moins on fait appel à vous pour demander de l’aide. Vous commencez à vous sentir inutile. Du coup, tout ce que vous n’entendiez pas du fin fond de votre grotte de mammouth insensible, ça remonte. Surtout la nuit ! Le pire, c’est que c’est souvent à la même heure ! Quel bordel !

En plus, votre corps devient sensible lui aussi. Il commence à gueuler plus fort que toutes vos pensées. Et chaque lendemain devient de plus en plus difficile.

 

Sympa ma petite histoire non ?

Ca vous parle ?

Il y a des nuits où vous avez envie de mourir pour ne plus supporter tout ça ?

Tout ça quoi ?

Cette vie difficile ?

Ok.

Alors acceptez de mourir.

Accepter de vous effondrer là tout de suite.

Je vous accompagne.

Vous ne risquerez rien. A part mourir.

Mais nooooonnnn ! Ca va aller !

Ce sont les parts blessées qui vont mourir mais pas vous !

(Même si j’ai le droit à un certain pourcentage de perte.)

Je déconne.

Vous avez peur ?

Alors ressentez cette peur dans votre corps.

A partir de maintenant, vous allez arrêter de vous raconter des histoires et de chercher à fuir à travers le tricotage de vos pensées. Votre ego ne va pas du tout aimer et essaiera de vous convaincre de ne pas poursuivre ce processus. Ne l’écoutez pas. Juste entendez le comme une voix au fond de votre être. Un blabla qui n’aura aucune emprise car vous avez décidé tout de suite, maintenant de mourir.

Ressentez votre corps.

Vous avez encore mal partout.

Identifiez l’endroit qui gueule le plus et ne le lâchez pas.

Focalisez-vous dessus.

Ca fait très mal.

C’est parfait !

Continuez !

Vous souffrez.

En vrai, vous ne souffrez pas.

C’est votre ego qui vous fait croire que vous souffrez pour que vous arrêtiez.

Dépassez le seuil de la souffrance en restant justement dessus.

Elle va se transformer en quelque chose qui deviendra une sensation.

Mais ne luttez pas.

Ce qui fait mal, ce sont vos résistances à ne pas vous abandonner là, sur ma table.

Qu’est-ce qui vous en empêche ?

La honte ?

C’est ça... Laissez aller.

Ayez honte, ayez mal, lâchez tout, ayez peur, ressentez tout, laissez vous envahir par tout ce bordel. C’est ça... Criez, pleurez, mourez...

Des images arrivent en pagaille. Regardez les mais ne construisez aucune histoire. Laissez les défiler. Vous vous sentez redevenir un enfant. Alors soyez l’enfant. Vous voyez des vies passées... Parfait ! Mais n’y croyez pas ! C’est peut-être une interprétation de quelque chose de profond qui s’anime ou se réveille en vous. Ca essaie de prendre une forme car tout ce qui n’a pas de sens pour votre ego, est effrayant. Plus cela prend de la densité, plus l’ego s’y accroche pour vous ramener au contrôle. Aucun contrôle n’est autorisé ici même.

Lâchez tout ! C’est là le point de départ de votre liberté.

Vous ne voulez pas être libre ?

Vous avez cru l’être ?

Tant que vous serez sous l’emprise de votre mental, de vos jugements, vous ne le serez jamais.

Alors, ne croyez plus en lui. Lâchez...

 

C’était long, mais vous y êtes arrivé.

Et vous y arriverez encore. Avec ou sans moi.

Mais surtout, répétez ce processus autant de fois que cela vous appellera.

Vous allez vous sentir vidé, perdu, déconnecté de la réalité... Mais vous souffrirez de moins en moins. Petit à petit, vous vous ferez de plus en plus confiance.

Accueillez cet état. Ne cherchez pas à reprendre le contrôle.

La force ne vient pas de votre capacité à rester debout mais au contraire, de votre capacité à vous abandonner à ce qui se vit en vous car plus rien n’aura d’impact sur vous. Cela vous traversera. Plus vous libérerez votre corps de ces agrégats émotionnels, de ces croyances de guerrier inépuisable et de ses conditionnements, plus votre énergie circulera, plus vous sentirez votre vitalité s’épanouir. Plus vous vous ouvrirez, plus vous ressentirez, moins vous serez anesthésié à la jouissance de la vie. Les couches devenant de moins en moins épaisses, vous sentirez vos cellules vibrer. Vous sentirez la vie et toute la joie de cette sensation douce et puissante qui vous envahira. Vos relations se fluidifieront.

Mais dites-vous bien que vous êtes au tout début du chemin. La route sera peut-être longue.

Moins vous résisterez, plus vite vous y arriverez et moins elle sera douloureuse. Disons que cela durera de moins en moins longtemps.

 

En essayant d’être fort et de continuer d’asservir vos proches envers et contre tout, vous ne faites preuve d’aucun courage, ni d’aucune aide.

C’est un conditionnement dans lequel vous vous êtes enfermés tout seul depuis très longtemps. Et il vous est plus confortable d’y rester que de vous remettre en question et d’aller voir en vous, les vraies raisons de vos souffrances.

Vous le savez. Mais rien que d’y penser, ça vous met en colère. Ca vous donne envie de vomir. Ca vous insupporte. Alors justement ! Allez voir ça ! Pourquoi ça vous met dans un tel état !? Soyez lucide et honnête !

Pourtant, le vrai courage est bien là !

Car soyez sûr que plus le temps passe, moins vous serez en mesure de continuer à vous mentir. Vous le sentez. C’est de plus en plus fort. C’est de plus en plus douloureux et incontrôlable.

Je sais que certains réussiront à continuer de vivre dans le mensonge mais à quel prix !?

Ce prix là, de moins en moins de personne peuvent se permettre de le payer.

 

Ce processus vous libérera également du personnage empathique que tout sauveur aime incarner. Celui qui souffrait avec les autres.

L’empathie, c’est baigner dans un jus malodorant qui ne vous appartient pas et dans lequel, vous vous noierez d’une façon ou d’une autre.

La compassion, c’est baigner dans un amour inconditionnel, tel que, soutenir l’autre, ne vous demandera aucun effort.

 

Que c’est dur de lâcher l’armure !

Mais quel cadeau quand vous ne l’aurez plus !

Ou du moins, quand elle ne sera pas TOUJOURS présente.

Car vous vous rendrez compte qu’elle n’était juste qu’un déguisement.

Un rôle que vous n’aurez plus besoin de jouer.

C’est simplement une prise de conscience et une mise en conscience de votre corps.

Plongez dedans et faites ce voyage comme si vous nagiez tel un de ces poissons étranges, dans la beauté des fonds sous-marins. C’est effrayant au début car vous ne savez pas ce que vous y trouverez. Des monstres ? Mais si vous ressentez bien, si vous ouvrez bien les yeux et le coeur, vous y verrez des couleurs et même de la lumière. Et plus vous irez, plus ce paysage vous semblera familier et ce sera moins difficile de vous y aventurer.

 

Dans tous les cas, la séance est terminée...

 

Je vais aller moi-même plonger dans mes eaux troubles, histoire de continuer l’aventure.

Une séance d’ostéo m’attend dans quelques heures, mon ego déteste car ça va me retourner.

Je le sens, ça s’affole dedans. Parfait ! Allons voir...

 

Peggy.


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