Etre accompagné pour mieux accompagner, une démarche qui mène pas à pas vers Soi et donc plus sereinement vers les autres - le 2 mai 2016

Je reçois souvent en stage des personnes qui se sentent perdues. 
Ou des personnes qui ont la sensation de ne pas être à leur place. 
Ou encore, des personnes qui ont ce besoin inconditionnel d'aider mais qui sont arrivés aux bout de leurs cartouches de "sauveur". 
Des personnes fatiguées, joyeuses en surface mais profondément tristes à l'intérieur, vivantes mais peu vibrantes, amoureuses de la vie mais en résistance face à ce qu'elles sentent devoir laisser mourir, alors elles se créent une carapace émotionnelle invisible mais bien palpable qui les coupe de la jouissance de leur corps. 
Je reçois également des personnes avec de belles et grandes perceptions mais qui n'arrivent pas à être dans la réalisation de leur vie ou dans la création dans la matière... Alors, elles passent de frustrations en frustrations sans comprendre pourquoi l'Univers s'acharne, car "savoir" est une chose mais accueillir de ne rien savoir, en est une autre.

 

Je suis passée par toutes ces étapes.
Et je suis loin d'avoir fini mon parcours.
Il n'y a pas un jour où je ne cesse de me remettre en question.
Et j'essaie d'ailleurs tant bien que mal de ne plus m'en poser.
Car accompagner l'humain vers sa voie la plus authentique est une aventure incroyable que je vis chaque jour.
Et chaque jour est un cadeau que je me félicite de vivre de la sorte. C'est tellement intense mais qu'est-ce que c'est bon !

 

Alors, j'avais cette envie très forte de vous faire partager un retour d'expérience qui me tient à coeur car je pense qu'elle nous concerne tous, chacun à notre niveau.
Surtout que je côtoie nombre d'amis thérapeutes que j'aime beaucoup. Juste un clin d'oeil à leur mission en lien avec la mienne, forcément.

 

Dernièrement, deux personnes qui ont chacune participé à mes stages Terre-happy, ont pris la décision d'accompagner leur amie d'enfance, qui vit une période très difficile.
Une femme que j'accompagne moi-même en soin à distance, depuis peu.
Une femme qui n'a pas encore connaissance de tout son potentiel créatif et qui d'ailleurs, souffre du simple fait de vivre.
Une femme qui voyage de blessures en blessures et qui, écorchée jusqu'au coeur de sa moëlle aimante, ne sait plus ce qu'elle hait (ou EST), se raccrochant à la vie juste par un cheveux, un poil... S'accrochant juste à une autre vie à bout de souffle qui s'est SOUFFLE au gré du vent incertain de chaque lendemain.

 

Alors, en effet, ces deux anciennes stagiaires n'ont pas pris simplement à coeur leur rôle d'amies car parfois, être à l'écoute de l'autre ne suffit pas à lui redonner l'envie de vivre, mais veulent prendre la responsabilité de vraiment l'aider tout en partageant avec elle, ce qu'elles ont elles-mêmes compris, vécu et intégré en stage. Parce qu'elles sont passées du statut de "victimes-sauveuses" à celui d'aidant-aimant. Se connectant avec douceur et force à leur Etre profond un peu plus dépouillé et allégé, qui appelle à donner en toute équité. 
Et plus on donne sans s'essouffler, plus la source est sûre et puissante. Plus l'amour émane naturellement, sans effort et devient alors guérisseur.

 

Alors, cette femme en mal de vivre qui n'avait même plus envie de survivre, m'a écrit aujourd'hui pour me dire qu'elle acceptait enfin de VIVRE, accompagnée de ses amies et de mes bons conseils de pas sage mal avisée. Parce que je lui ai demandé de faire des choses qui demandaient du courage. Un peu de folie pour qu'elle sorte de son lit.

 

Son écrit m'a émue. Touchée en profondeur. Plus que tout ce que j'ai encore vécu en tant que thérapeute jusqu'à aujourd'hui.
Parce que cela m'a permis de comprendre le sens de ce que j'accomplissais depuis quelques années. 
J'ai vu toutes les pièces de ce fameux puzzle, qu'on met parfois toute une vie à assembler, s'accoupler pour donner vie à une histoire qui prend toutes ses formes.

Parce que finalement, je ne me contente pas à ce que la personne rentre chez elle en allant mieux. 
Je la ramène dans son pouvoir créatif qu'elle incarnera dans toutes ses cellules, transmettant ainsi avec sincérité, son expérience directe à un de ses proches. 
C'est alors une magnifique chaîne d'entre-aide humaine qui commence.
Que cette personne soit thérapeute ou commerciale, femme de ménage ou chamane, artisan ou médecin... 
Quand elle décide juste de NAITRE (Etre) personne, elle devient alors quelqu'UN. 
Nous avons tous le pouvoir de VOIR en l'autre à travers notre coeur, quand celui-ci n'est plus blessé. Quand on arrête de s'identifier à celui ou celle qu'on fuit.
Qu'on le veuille ou non, nous avons tous ce pouvoir guérisseur qui nous appelle sans arrêt à aider, à nous unir alors que nous paraissons si dispersés et confus, noyés dans la paraisse de sortir de notre zone de confort.

 

Alors le but de ce texte n'est pas de vous faire partager le fruit honorifique de mon travail (même si mon EGO s'en délecte).
Mais simplement pour vous faire comprendre combien il est important de nourrir de l'intérieur et non de l'extérieur, toutes nos parts blessées et desséchées en mal de partage et d'amour afin de sortir peu à peu de notre individualisme ou de notre croyance de sauveur du monde ou d'être spirituel, armé de la paix.

 

Car que l'on soit seul, croyant ou dictateur...
Nous sommes tous liés par le simple fait d'être en vie. 
Et croire en Soi peut devenir une délivrance à la dictature que l'on s'inflige à Soi-même et aux autres.

 

Je remercie donc ces trois amis et toutes ces personnes, qui, en me faisant confiance, m'ont donné la Foi, en Moi et m'ont permis de comprendre qui je n'étais pas et d'identifier tout ce que je ne sais pas encore. 
Quel cadeau !
Merci !