Hommage à nos mères - Se pardonner, leur pardonner de ne pas savoir - 28 juin 2017

C’est quoi être une “bonne” mère ?

C’est écrit où ?

Qui c’est qui t’a appris à toi ? A elle ?

On parle d’instinct maternel...

Vous savez qu’il y a des femelles qui dévorent leurs petits ou qui les abandonnent quand ils sont malades ou quand elles se sentent trop fragiles, afin de laisser leur chance aux plus forts au moment de l’allaitement.

L’instinct de survie à l’état brut. Dépourvu d’émotionnel.

Qu’en est-il du nôtre ? Englué d’émotionnel. La survie n’étant pas toujours où on l’imaginerait.

 

Peut-être avez-vous été “trop” aimé, au point de vous sentir étouffé et emprisonné ou au contraire, pas assez, au point de vous sentir rejeté, abandonné, évité, oublié ? Avez-vous été mal mené physiquement, moralement dans votre intégrité physique ou dans votre intimité ?

Avez-vous ressenti de sa part, de la jalousie, de la manipulation, de l’indifférence, de la distance, de la violence, de l’incompréhension, de la folie, du stress, de l’égarement, du débordement, de la colère, de la tristesse, de la peur, du vide, du silence, de la résignation ?

Ou peut-être de la joie, de la paix, de la douceur, du partage, de l’attention, de l’écoute, du courage, de la force, de la détermination, de la fierté, de l’audace, de l’amour ?

 

Mettez tout ça dans un sac. Mélangez bien.

“Tout ça”, c’est un peu de vous, de moi et d’elles.

Etre mère, d’une manière ou d’une autre, nous l’avons tous choisi de le devenir avant même notre incarnation. La façon de l’être aussi.

Décider de devenir mère, c’est transcender plusieurs états dans notre évolution.

Quelle mission de dingue !

 

Devenir mère, c’est accueillir la vie en soi.

Quoi que c’est un peu con comme phrase puisqu’on est déjà LA VIE.

Alors disons que c’est accueillir un autre être qui vit en soi.

Là, ça commence à faire flipper. C’est quand même ENORME comme truc non ?

Quand on apprend qu’on est enceinte, c’est toujours le double effet kiss cool.

SURPRISE !!!

Bon... T’es contente ou t’es pas contente selon ce que tu t’es programmé comme évolution et comme... Conjoint.

Mais quand même... Quel bouleversement !

Ton corps !

Déjà, un corps tout seul, c’est pas simple !

Alors être à plusieurs là dedans !

Ton corps, il change. Il bouge tout seul. D’ailleurs, tu ressens TOUT ton corps !

Tu peux passer du pire comme du plus bel état de grâce.

Disons que c’est vraiment loin d’être simple.

Se rajoute à cela, l’EMOTIONNEL. Un arc-en-ciel d’émotions qui vont jouer sur notre vie familiale, sentimentale, relationnelle et professionnelle.

Accrochez vos ceintures !

 

Donc rien que pour tout ça, moi je dis “RESPECT” à toutes nos mères et à nous-mêmes qui le sommes devenues.

 

Ensuite, on donne l’ultime mission à notre personnage : celui d’ETRE PARFAITE !

Pour se faire, tout était déjà programmé depuis que nous jouions avec nos poupées.

Ce rôle là, on le maîtrise comme personne parce qu’on l’a répété des milliers de fois.

Une poupée, ça donne plein d’amour, ça dit rien, on en fait ce qu’on veut, ça bouge pas, c’est pas compliqué...

Quand tout va bien avec nos enfants, c’est un peu à l’image du bonheur dont on a toutes rêvé dès nos 6 ans !

Mais, faut bien avouer que dans la vraie vie et surtout dans l’improvisation, ça déconne grave!

La cata ! La panique !

L’enfant crie aussi, l’enfant hurle et pleure, il ne dort jamais, il est malade et s’il mourait ?

L’enfant veut tout ou ne veut rien, il tombe, il va aux urgences, il boude, il salit, il prend tout et il prend énormément de temps, il fatigue, il prend toute la place, il tape, il mord même !

Il n’est pas toujours mignon avec ses copains ou il n’a pas de copains !

Il aime et il déteste, il tombe amoureux et son coeur se brise, il apprend vite ou pas du tout.

Il fait des choix qui ont du poids, ils sont paresseux et parfois crasseux, ils mentent, ils testent, ils manipulent, ils partent...

Au-delà de tout ça, ils nous montrent qui nous sommes. Ils nous montrent nos manques, nos blessures et nos limites. Ils nous mettent face à nos peurs, à nos failles, à nos croyances. C’est désagréable, ça pique, ça calme, ça bouleverse, ça énerve et ça fait chier ! Mais qu’est-ce qu’ils nous aident à GRANDIR !

 

Grandir... C’est ça qui demande beaucoup de courage. Avec ou sans enfant d’ailleurs.

Quand on décide de devenir mère, on a décidé d’être SACREMENT courageuse au moment de l’incarnation. Car à ce moment là, on savait.

Ce qui implique que nos mères le savaient aussi.

 

Ma mère a été mère à 17 ans.

Vous imaginez votre fille, mère à 17 ans vous ?

Pourtant, elle l’a fait.

Quelle mère on est à 17 ans ? (je n’imagine même pas celles qui le sont plus tôt encore !)

Heureusement, j’étais plutôt cool... Ah ah !

Je ne gueulais pas, je dormais tout le temps et je méditais du matin au soir ! (je déconne !)

Je crois que j’ai rapidement su qu’il fallait pas que je l’emmerde (elle a eu du bol quand même car c’est pas le cas de tout le monde !).

Du coup, je pense que j’ai tout de suite eu l’intuition de la protéger, de la ménager et de la préserver.

Comme je lui ai dit dernièrement, JAMAIS je ne me suis sentie être la victime de ma mère.

Victime de sa maladresse, de sa propre souffrance, de sa culpabilité, de son manque de patience, de ses colères, de ses emportements, de son ignorance, de sa détresse et de son manque de tendresse.

Tout ça a, en partie fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Et ce que je suis aujourd’hui, fait de ma fille, ce qu’elle est aujourd’hui. On ne s’en sort pas trop mal, à quelques névroses près ! Ah ah ! Nooon... De ce côté là, je me suis soignée... Enfin, je crois !

 

Je n’ai jamais eu quoi que ce soit à lui pardonner. Ou juste lui pardonner pour qu’elle se pardonne elle-même.

 

Je pense que notre relation s’est fluidifiée et s’est harmonisée à partir du moment où j’ai arrêté d’attendre d’elle qu’elle soit ma mère.

A partir du moment où j’ai arrêté de la voir comme ma mère.

Je me suis mise à l’aimer d’un amour inconditionnel car je la voyais comme une partie de moi, comme une partie de l’Univers. Comme une âme que j’avais toujours connue.

Et j’ai réalisé que finalement, nous ne nous étions jamais quittées. Nous sommes devenues complices et liées plus que jamais. Mais détachées chacune de nos expériences. Détachées du rôle de victime ou de bourreau. Libres.

 

Alors, je lui rends hommage aujourd’hui.

Car je sais combien sa vie d’enfant a été douloureuse et volée, sa vie de femme, sacrifiée, déchirée et incomprise, sa vie de mère, compliquée et bouleversée. Mais je n’ai jamais manqué d’amour.

 

Je lui rends hommage car c’est une mère qui a décidé d’être dans son authenticité, dans sa vérité. Elle fait tomber les voiles et les masques malgré ses peurs. Elle me montre tout ce qu’elle est en toute transparence, dans sa lumière comme dans son obscurité. Alors elle tombe, elle pleure, elle s’effondre et meurt et revit plusieurs fois. Elle fait face à la vie avec tant de courage et d’humilité qu’on pourrait lui envier. Car ce chemin vers cette vérité que l’on est, demande vraiment de la patience et de la persévérance. Au-delà de ça, elle garde la foi en elle et en la vie même si souvent, elle a voulu la quitter.

 

Combien de fois avons nous désiré une mère parfaite ?

Combien de fois avons nous rêvé d’être une mère parfaite ?

Et d’avoir des enfants parfaits ?

Tout est toujours juste. Y compris et surtout dans ce monde d’imperfections.

Tout est là pour nous mener à notre vérité.

 

Rendez hommage à vos mères...

(L’hommage à nos pères, ce sera pour un autre article car y aura de quoi dire aussi ! ;-) )

Remerciez les pour tout ce que vous avez appris sur vous-mêmes.

Vos blessures communes qui vous ont poussé à vous dépasser, à aller chercher plus loin en vous et à expérimenter toutes sortes de vies.

Car tout ce qu’elles vous ont fait ou défait, ne sont que des cadeaux.

Des expériences humaines à transcender pour mieux vous révéler quand vous aurez décidé d’arrêter d’être une victime.

 

Lui pardonner, c’est vous pardonner vous-mêmes de ne pas avoir su ou de ne pas savoir comment être mère. Car parfois, l’instinct ne suffit pas.

La conscience de ce qu’on est ou de ce qu’on NAÎT est notre ultime porte de sortie du personnage qu’on croit être. Celui qui gesticule dans tous les sens et qui brasse de l’air en voulant se sacrifier. Revenir à soi. Toujours à soi est bien plus courageux que d’accuser les autres de notre sort.

 

Rendez hommage à la mère divine... Celle que vous êtes, celle qui vous a porté et celle qui vous porte sous vos pieds.

 

Avec tout mon amour... Maman.

 

Peggy.


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