Mise à nue - 2 avril 2017

En quoi croyez-vous ?

Bon allez... Ne réfléchissez pas, ça ne sert à rien de réfléchir.

Fermez juste les yeux cinq minutes.

Respirez.

Et posez-vous cette question : “En quoi je crois tout de suite maintenant ?”

 

A vrai dire... Personnellement, je m’efforce de croire en ce que je ne suis pas.

Je ne sais pas encore trop en quoi ni en qui mais c’est déjà un bon début.

Chaque jour passe où “petite à petite” (l’infiniment petit danse avec l’infiniment grand et je me sens si petite et si grande dans ce petit corps bien charnu et si vivant), je me dissous.

Tout ce que je croyais être depuis que j’ai décidé de devenir quelqu’un, disparaît.

Quelle drôle de sensation !

Hier encore, j’étais guerrière ! Chamane ! Thérapeute ! Un guide téléguidé ! La fille à ma mère ! La compagne de mon amoureux ! La mère de ma fille ! Une amie ! Tout ça tout ça quoi !

Mais qui suis-je si je ne suis pas tout ça ?

 

Souvent, ça me semble si effrayant. Mais parfois, c’est assez libérateur.

Il se passe de plus en plus quelque chose d’étrange.

Là... je sens. Je vois. J’entends. Je sais. Je ressens. Je me réveille. Je nais.

Mais peu après, je ne sens rien. Je suis aveugle. Sourde. Je ne sais rien. Je m’endors. Je meurs.

Je peux passer d’un état “SOLIDE” à un état liquide... Voir gazeux.

Comme la chantilly !

 

Mais tout me parait plus intense.

N’avez vous pas remarqué combien vous vous sentiez de plus en plus sensible à cette nature qui, également, d’une minute à l’autre, change d’intensité et de profondeur ?

Ces vents si forts qui nettoient tout sur leurs passages, ces pluies torrentielles qui inondent les beaux jardins et les bitumes, ce soleil qui assèche et qui brûle, ces sols qui s’ouvrent en deux, ces volcans qui se réveillent ...

Mais avez-vous aussi remarqué ces ciels aux couleurs vives et surréalistes, ces couchers et levers de soleil hypnotisant, ces pleines lunes magnétiques, cette flore qui ne se laisse pas faire, cette faune qui résiste et qui provoque, ces odeurs pénétrantes, ces énergies troublantes ... ?

N’avez-vous pas remarqué combien nous nous sentions de plus en plus connectés à elle ?

De plus en plus connectés les uns aux autres ?

 

Avez-vous remarqué que nous ne pouvions plus fuir nulle part !?

Et non !

Le voyage initiatique à l’autre bout du monde ne vous rend pas plus heureux.

Les supers vacances à Bali ne suffisent plus à vous dépayser.

Les heures supplémentaires (gratuites de préférence) et votre conscience professionnelle ne vous revalorisent plus.

Votre sacrifice de femme et de mère parfaite au foyer ne vous satisfait plus et ne vous donnent plus l’impression d’exister.

Porter toute votre famille a bout de bras vous accable.

Vos activités de bien-être vous ennuient.

Toute l’énergie que vous dépensez à faire beaucoup de sport et à courir dans tous les sens, s’épuise.

Ces heures passées à peindre un paysage, une nature morte, un animal ou un portrait... Vous lassent.

Sauver le monde vous pèse, vous fatigue, vous coûte.

Faire l’amour comme avant, comme toujours ne vous excite plus. Faire semblant non plus.

Continuer à vous mentir à vous-même devient de plus en plus douloureux.

Vous efforcer de ne rien ressentir vous transforme en volcan.

Attendre que ça passe vous éteint.

Les cachetons vous rendent de plus en plus malade.

Ne sentez-vous pas qu’aller à contre courant vous fait mal ?

A contre courant, c’est aller contre nature. Contre votre nature. Celle qui demande à être libre.

Contre nature, c’est contre ce qui se vit en vous mais que vous n’écoutez pas. Vous l’entendez mais vous n’y croyez pas. Vous attendez la dernière minute pour réaliser à quel point vous vous êtes égaré depuis si longtemps. La dernière minute, c’est quoi ?

C’est un burn-out (mot à la mode), une dépression, un divorce, une séparation, un deuil, une maladie, un accident, un licenciement...

Parce que c’est plus facile de rester une victime que de déployer son courage pour ne plus l’être. Accuser les autres ou croire en la fatalité d’une vie difficile, c’est déculpabilisant.

 

Petite anecdote personnelle :

Un jour, je me lève et je me bouscule. Comme d’habitude.

Sauf que là, ça ne chantait pas, mais ça brassait. La pleine lune de la veille n’avait pas dû aider.

Sans trop savoir pourquoi, je me sens de mauvais poil. Autant dire qu’il était dru et piquant.

Je déploie alors beaucoup d’effort pour que le piquant ne pique pas trop quand même.

Je me contiens. Mais je suis vite agacée. Par tout et rien.

Mon compagnon n’est pas du genre à accepter le tout et rien alors il se met à piquer aussi.

Génial ! Une bonne excuse pour ma lâcher et déverser mon trop plein.

Le coupable parfait !

Indigné, le coupable se défend de plus belle mais la belle se rebelle.

Le ton monte.

Le con-pas-(mi)-gnon indigné, trouve toujours les bons arguments.

Ca m’énerve encore plus.

Le pire, c’est qu’une partie de moi voit bien la mauvaise fois diabolique que mon ego déploie pour avoir raison ! Pour toujours avoir le dernier mot ! Le fourbe ! Mais je n’y peux rien !

Tel un bouton qui s’est déclenché, je dirai même THE bouton, quelque chose monte en moi. C’est incontrôlable. C’est puissant. Une colère qui venait de je ne sais où.

Du fin fond de mon inconscient.

J’explose. Notre couple explose.

Et à cet instant précis, deux solutions s’offrent à moi :

- Laisser mon ego effrayé me raconter un tas de conneries sur ce qui me fait vraiment souffrir ou Puiser en moi, les ressources pour accepter d’aller voir au-delà de mes croyances, de mes jugements, de mes peurs. Accepter de laisser mourir ce dictateur accusateur égotique. Accepter de ne plus résister et de m’effondrer.

Comment s’effondrer quand on a passé toute sa vie à se convaincre de ne pas le faire ?

Dualité.

Simplement, je me souviens du pacte que j’ai fait avec moi-même : Arrêter de me mentir. Etre au plus près de ma vérité. Ok ! On y va alors. J’essaie donc de ressentir ce qui se vit dans mon corps plutôt que de continuer à croire en mon mental, qui cherche toutes les fuites possibles. Je me laisse complètement envahir par cette colère en arrêtant de la focaliser sur quelqu’un. Et je la ressens dans tout mon corps, dans mon ventre. Ca se crispe, ça gigote, ça se noue de partout, ça brûle, ça étouffe, ça tremble. Et plus je ressens, plus ça demande à sortir. Comment ? J’en sais rien. Mais je cesse de me poser des questions. Je laisse faire. Des images, des sensations m’apparaissent.

Le tableau dramatique d’une mère qui venait de perdre ses trois enfants au 19ème siècle remonte à la surface. Une mère seule, démunie, accablée de désespoir et de chagrin qui n’avait pas pu sauver ses enfants de la maladie. Elle se donna la mort et je sentis son dernier souffle. Je sentis ses doutes et sa colère envers Dieu. A cet instant, elle décida de ne plus croire en lui. Et je me suis sentie mourir moi-même. Je souffrais d’une façon que je n’avais jamais imaginée. Je ressentais sa douleur émotionnelle sans vraiment la ressentir. Juste, c’était là. Ca faisait partie de moi où en tout cas, ça semblait réel. Sensation de devenir folle. Je compris en une fraction de seconde, pourquoi je ne supportais pas que nos enfants soient malades depuis quelques temps. Limite, je les culpabilisais pour tout : les excès alimentaires, marcher pieds nus, sortir sans écharpe, ne pas prendre leur miel, leurs huiles essentielles... Mais surtout je m’en voulais de ne pas réussir à les soigner. Rien ne marchait malgré tous mes efforts et mes connaissances. C’est vrai que cela prenait une certaine dimension qui me dépassait.

Alors... Je me suis laissée transcendée par toutes ces émotions. Ca dégueulait.

Une fois vidé mon sac, je me suis sentie vidée et amorphe.

Mon compagnon, m’avait accompagné avec tout son amour durant ce voyage.

Sans jugement, sans peur, sans hésitation, il était là car il était déjà passé par là.

Suite à cet épisode, quelque chose a bougé en moi.

Ce vide a laissé la place à beaucoup de gratitude et d’amour. Je ne sais pas trop non plus d’où ça vient. Ou disons que je ne me pose pas trop de questions. Mais je sens que Ca m’a envahie et que Ca me porte. Ca a un impact direct sur ma vie matérielle, sur l’intensité de mes soins, sur mes relations avec mes proches, sur ma vision du monde.

 

Les rôles auxquels je m’attachais me pesaient. Je réalisais que je pouvais être une bonne mère sans m’identifier complètement à elle. Et nos enfants s’en portent mieux. Moins de pression, plus d’amour inconditionnel mais pas gluant. Tout est ouvert et sans jugement. En même temps, par résonance, je sens ma fille moins collée à moi. Moins dépendante de mes faits et gestes. Moins peur d’être seule. Plus sereine encore.

Je me sens plus proche de mon amoureux car j’ai la sensation de ne plus rien attendre. A chacune de ces transitions, nous nous rapprochons, comme si tout ce qui nous avait éloigné avant, n’existait plus. Un sentiment de liberté nous unit.

Tout ceci est un peu comme une mise à nue. Un dépouillement de mes croyances, de mes résistance. Tout ceci réduit la couche anesthésiante qui me donnait la sensation d’être forte et moins sensible. L’arme au poing, toujours sur la défensive passive. La guerrière zen mais qu’il ne fallait pas emmerder. Et il y en a beaucoup des comme moi !

Beaucoup qui se sont voués à la cause des thérapeutes pour sauver les autres parce qu’il est trop douloureux de se sauver soi-même. Diantre que ça fait mal !

Mais ça fait du bien à l’âme (ou à l’être profond) qui se réjouit de, petit à petit, retrouver sa vraie nature, sa liberté.

Tout ça pour vous dire que plus vous accepterez de jouer les rôles sans vous identifier à eux, plus vous serez libre. Vous savez, c’est comme si on attribuait toujours le rôle de comique à un acteur qui rêverait de jouer des rôles dramatiques. Alors que finalement, on peut tout jouer à merveille tant qu’on a conscience qu’on joue.

Vous allez de plus en plus être obligés de passer par ces phases d’effondrement de votre personne. Résister, c’est aller droit au mur.

Accueillir le mouvement, le changement quand il se présente, c’est flirter avec la vie. D’une minute à l’autre, nous ne sommes plus les mêmes.

Ne vous identifiez plus au personnage du passé non plus. Celui-là aurait dû mourir 10 000 fois déjà. Il vous ralentit et vous accable. Vous empêche de passer à l’étape de la métamorphose. Vous empêche d’ETRE dans l’amour avec vous-même et d’ETRE pleinement avec les autres. Il vous isole.

Mais n’attendez rien non plus du personnage que vous deviendrez car seul compte ce qui se vit à l’instant T avec toute son intensité joyeuse quand on sait VOIR et ressentir dans son corps, dans ses tripes. Attendre quelque chose de soi ou des autres, c’est se noyer dans les frustrations et donc les ressentiments.

Tout ceci n’est pas simple. C’est vrai. Mais essayez d’être à l’écoute de votre corps. C’est votre seule bouée de sauvetage. Cela vous aidera à croire de moins en moins en vos jugements.

Quand la tempête gronde et que vous êtes seul dans une barque au milieu de la mer, vous avez la sensation que vous allez mourir parce que votre monde, vos repères s’écroulent, vous ne trouverez AUCUNE solution mentale. Votre point d’ancrage restera votre corps. Ce qu’il vous dit. Ce qu’il vous crie pour pas que vous vous noyez. Plus vous l’écouterez dans toutes ses cellules, plus vous lâcherez du leste (émotions, blocages enkystés dans la mémoire cellulaire). Moins vous coulerez. Car toutes vos souffrances sont là, stockées, cachées dans chacune de vos cellules et ça fait du poids.

Dites-vous bien que tout ce que vous vivez à l’extérieur ; tous vos conflits avec vos enfants, vos parents, votre conjoint(e), vos collègues, votre manager, vos amis, vos voisins ne sont que le reflet de ce qui se vie EN VOUS. La tempête est dedans. Elle fera donc des dégâts dehors.

Pourquoi croyez-vous que c’est le chaos autour de nous ?

Alors, quand je vous demande en quoi croyez-vous ?

Commencez simplement à avoir la Foi en ce qui se vit en vous. En cette petite lumière qui de temps en temps apparaît et vous fait du bien. Cette sensation furtive d’être heureux, d’être bien, d’être serein, même si ce n’est que quelques secondes. Ressentez ce que ça vous fait dans le corps de sentir la jouissance d’être vivant et vibrant.

Plus je me déleste de mes croyances, plus ces instants de plénitude sont fréquents. Plus je vois la beauté de tout ce qui vit. Plus je vois des couleurs intenses. Plus je ressens le monde. Plus je jouis de tout et de rien. Le bonheur est déjà en chacun de nous. Il suffit de l’écouter.

Alors oui, il est nécessaire d’être patient mais aujourd’hui, tout s’accélère. Ce que nous mettions 10 ans à intégrer, à lâcher, nous le faisons désormais en un instant. C’est fulgurant.

On peut alors avoir cette sensation de ne pas avoir de répit, que tout nous accable mais plus ça nous accable, moins on doit résister, plus nous sommes proches du but car nous serons toujours testés sur ce que nous croyons avoir laissé derrière nous. Et le teste arrive immédiatement pour pouvoir vite passer à autre chose.

Alors délestez autant que vous pouvez ! Ne vous accrochez plus à rien car il ne vous arrivera rien. N’ayez plus peur de vous perdre ou de tout perdre car vous aurez tout à y gagner.

Cette mise à nue vous rapprochera de plus en plus de votre vraie nature, de votre authenticité et permettra intuitivement de savoir au quotidien, ce qu’il sera juste de faire pour vous sentir libre. Pour aller dans la bonne direction et pour vous inspirer dans la création de votre vie.

 

Peggy.

 


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