Schizophrènes ou bons acteurs ? Le 17 octobre 2016

En résonance avec le texte de David (réf. : « Tous Schizophrènes ? »), je rajouterai qu’il est en effet indispensable de ne pas s’identifier à nos personnages.

Jouer leur rôle à fond afin de jouir de notre incarnation nous permet de nous enraciner et d’être plus facilement dans la création dans la matière.

Mais assimiler les personnages au Moi, nourrit l’Ego, qui de ce fait s’empare de notre Etre et le rend aveugle selon les situations qu’il rencontre.

C’est comme si je jouais dans une pièce de théâtre la journée et que le soir, en rentrant chez moi, je continuais à être dans mon personnage fictif. Il y aura forcément un décalage dans les réalités que je vais vivre et rencontrer.

 

Je vais vous donner un exemple concret justement en lien avec le couple.

Lors d’un stage Terre-happy que nous animions ensemble avec David, à un moment donné, ma part chamanique intervient avec un stagiaire.

Le stagiaire a été mis à nu en 30 secondes chronos. Dépoilé le gars ! Toute son armure, blam ! Parterre ! Moi… Je jubile intérieurement en me disant « Youhou ! Ca c’est fait ! ».

Mais, pour David, ça a fait l’effet du bonbon kiss cool ! C’est bon, c’est fort mais ça décape dedans et dehors ! Envahi il était, d’émotions de dingue.

Parce que, pour le conjoint qui n’était pas encore habitué à cette puissante connexion chamanique, c’était choquant dans le sens où d’une minute à l’autre, je devenais quelqu’un d’autre, avec une autre énergie, un autre visage, une autre façon de parler. Cette vision de moi le connectait immédiatement à des peurs dont il m’a aussitôt fait part après le stage.

Genre : « Aaaaaahhhh ! Mais c’est qui ça !? ».

Alors que moi, juste avant qu’il ne me parle, j’arrive décontracte : « Ehhhh ! Chéri ! T’as vu comment que j’ai assuré !!!??? ».

Du coup… Après l’avoir écouté :

Moi : « Mais qu’est-ce que tu me racontes là toi !? » (vous vous souvenez de la série Arnold et Willy ? Ben j’étais le petit Willy avec la même tronche !).

Premier réflex de « blabla » dans ma tête :

« Ben quoi ? Tu savais pas que je faisais des trucs de chaman avant de venir vivre avec moi !?? Quoi ? Tu crois que je vais être la gentille thérapeute, à brosser les gens dans le sens du poil afin qu’ils repartent contents ? ».

En plus, à ce moment précis, comme j’étais encore dans l’énergie chamanique qui « m’habitait », j’étais vraiment dans une énergie guerrière.

Bref ! Je l’ai mal pris. Et j’ai juste marmonné entre mes dents (expression à la con, j’avoue) :

« grrrrmmmmmblurp grrrr… ».

Mais dans l’énergie, il a tout ressenti ! Mouai… C’était pas agréable. J’avoue.

 

S’en sont suivis alors des remises en question de part et d’autres avec les blabla effrayants de nos égos respectifs qui venaient s’affronter, comme le décrit si bien David dans ce texte.

Ca a quand même duré plusieurs jours.

Et oui ! A ce moment précis, nous nous accaparions LE personnage pour le défendre. Comme si c’était une lutte liée à la survie. C’était douloureux. Car ce n’était pas une part blessée qui s’exprimait mais tout l’Etre englué dans ses couches émotionnelles.

David ne comprenait pas ce que ça animait en lui et moi, je ne comprenais pas pourquoi ça l’animait autant comme s’il remettait en cause QUI j’étais MOI.

Comme s’il ne ME faisait pas confiance.

 

Deux choses très intéressantes se sont alors passées :

- En ce qui me concernait, le DOUTE. Alors je me suis plongées corps et âme dedans.

En général, quand il y a un truc puant qui remonte chez moi, je n’attends pas, j’y vais direct. Ouaiiii ! La kamikaze qui veut tout faire péter !

Et là… Ouuuhhh ! Que c’était pas beau ! Que ça faisait mal ! Ca remuait, ça me retournait, ça faisait bouger toute ma structure en long en large et en travers. Pourquoi ?

Parce que je réalisais que ce personnage chamanique que je jouais à l’instant T, je m’y étais attachée. Comme si, lui et moi, nous étions collés l’un à l’autre. Indissociables en permanence. Ce qui faisait que je ne voyais pas quand il apparaissait.

Et en effet, je me retrouvais à jouer un rôle que je ne voyais pas puisque je l’assimilais à Moi.

Ca coinçait quand, lors d’un repas avec des stagiaires, la part chamanique prenait le dessus et ne laissait aucune place aux autres. Elle envahissait l’espace et nourrissait l’ego sous prétexte de « sauver » l’autre. Comme un bulldozer, elle défonçait les armures et fonçait droit devant. Efficace ! Certes ! Car, là où Attila-Peg passe, rien ne repousse ! Mais souvent violent pour les personnes autour et pas agréable pour la personne ciblée par l’énergie qui prend le contrôle de ma personne.

 

Dans cette prise de conscience, ce qui était douloureux pour moi, c’était de me DECOLLER de ce personnage. Ca me faisait mal comme si sans lui, je me sentais nue. Qui suis-je si je ne suis pas chamane comme mes ancêtres ?

Et bien, PERSONNE. Je suis juste PERSONNE.

Et l’ego déteste se dire ça.

Je suis juste un Etre qui incarne un rôle à un instant T.

Saviez-vous que « personne » en latin « persona », désigne un « masque » ?

Paradoxe n’est-ce pas ?

Et oui ! Parce que c’est uniquement quand on démasque CHAQUE rôle et CHAQUE part blessée qu’on incarne à l’instant T, qu’on dépouille la personne (construite depuis notre naissance) afin qu’elle ne devienne PERSONNE.

Une mise à nue qui, de ce fait, nous permet de nous détacher de chaque situation et ainsi, vivre en toute fluidité dans le moment PRESENT.

Pour moi désormais, le fait de simplement voir quand cette part chamanique apparaît, cela me permet de garder une forme de contrôle sur cette énergie qui m’envahit. Et de laisser la place à ce qu’il y a autour qui pourrait entrer en interaction également et établir une connexion humaine plus riche, plus profonde et peut-être plus douce.

 

Pour se faire, l’ancrage est indispensable.

Pour ne pas se laisser envahir par ces parts, toujours être dans son corps.

Si on se barre dans le chaos mental, on s’enlise dans un marasme émotionnel, tel un tsunami qui ne nous laisse aucun répit. Il faut bien se raccrocher à quelque chose pour ne pas se noyer !

Le corps !

Respirer profondément. Plonger dans l’émotion et se raccrocher aux sensations de notre corps. Ce qu’il crie à ce moment là.

Et on s’aperçoit que le blabla diminue petit à petit, pour entrer en communication, en communion avec notre Etre. Celui qui ne ment pas, celui qui sait qu’il n’est personne et là, on voit exactement quel rôle nous jouons en voyant apparaître ces personnages de notre passé qui nous collent encore à la peau.

On voit papa, maman, un amant, un enfant, un animal et ça fait mal.

Mais on réalise à ce moment précis que ce n’est pas SOI mais juste une part blessée à un instant de notre vie passée.

Hier. Pas aujourd’hui.

 

- Ensuite en ce qui concernait David, ça lui a permis de se reconnecter à sa part chamanique qui lui paraissait effrayante, parce que, bizarre et avec un aspect sombre, loin de l’énergie angélique dans laquelle il aimait se baigner constamment.

 

Et oui ! Et comme nous sommes des dingues ! Et un couple pas banal ! Rapidement, jouant tous les deux à ce jeu du JE, je l’ai emmené vivre un voyage chamanique mémorable accompagnée en conscience de mon pote Nagual (énergie VIP des chamans).

Vous avez vu la scène ou Dr Bruce Banner se transformant en Hulk ? Ben c’était pareil ! Bon, il n’est pas devenu tout vert, je vous rassure, juste il s’est passé un truc incroyable, que lui seul peut décrire.

 

Tout ceci pour vous dire que cela demande du courage d’aller explorer ce qui s’anime en nous. Car c’est souvent très douloureux mais rappelez-vous bien, c’est douloureux parce que :

 

- On croit de toutes nos forces qu’on est UNE PERSONNE au lieu de conscientiser qu’on n’est PERSONNE.

- On ne joue pas assez à incarner à fond nos personnages à cause de nos peurs diverses et variées.

 

L’idée est de toujours revenir en Soi et de discerner l’authenticité de l’acteur, des rôles qu’il joue. Et ainsi sentir cette joie d’être LÀ (et non LAS) où il faut quand il faut (et non faux quand il ne faut pas). Ah ah !